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Les comptines dans les crèches Montessori NeoKids

13 octobre 2020

Dans chacune des crèches NeoKids, les enfants ont tous les jours une activité “comptines”. Dans cet article, nous vous détaillons l’intérêt de ces comptines.

« La seule chose qui puisse nous permettre d’apprécier l’état sensible de l’enfant depuis l’extérieur, c’est son sourire et sa joie exubérante quand il parvient à articuler quelques mots courts, clairement, d’une façon qui lui permette d’en distinguer les sons, comme on distingue les coups d’une cloche de cathédrale. Ou bien quand on voit l’enfant se calmer dans une attitude de béatitude, alors que, le soir, l’adulte lui chante la douce mélodie d’une berceuse, en répétant toujours les mêmes paroles ; dans un tel délice, il abandonne le monde conscient pour entrer au pays des rêves merveilleux. » Maria Montessori

Les mots qui riment et qui se répètent dans les chansons et les comptines attirent l’attention des enfants et leur permettent de se familiariser avec les sons de leur langue.

Les comptines sont chantées par et pour les enfants depuis la nuit des temps et sur tous les continents. Elles développent un plaisir partagé source d’attention réciproque et d’aide au nouage de la relation. Leurs valeurs universelles nous interrogent aussi sur les modes de communications corporelles qu’elles mettent en jeu. Elles sont comme la manifestation dans un corps, qui s’adapte spontanément et inconsciemment dans son tonus, ses rythmes et sonorités de voix, de cette capacité intuitive qui se développe chez l’adulte quand il est face à un petit enfant.

Ces comptines ont une influence notable sur le développement de l’enfant. L’aspect musical des comptines permet en plus aux bébés de jouer avec le rythme, l’intonation.

Quels sont les effets positifs des comptines sur le bébé ?

Les comptines

Le mot comptine vient du latin « computare » qui signifie compter, elles servent à compter, et ce, grâce à leur forme particulière basée sur le rythme et la rime qui se répètent.

Le développement cognitif de l’enfant

La répétition des comptines est bénéfique pour le cerveau en plein développement des petits.

Les comptines enseignent à l’enfant :

  • Le développement du langage et l’amélioration de la compréhension avec les gestes
  • Le développement de la mémoire
  • La capacité d’inférences et la capacité à raisonner et à prévoir la suite logique des mots
  • La conception du nombre
  • Le développement des notions de l’espace et du temps

Le langage

La langue n’est ni apprise ni enseignée à l’enfant. C’est l’enfant qui la rencontre, la construit, la retrouve, par une activité personnelle sans laquelle aucun progrès n’est possible.
Il est évident que l’environnement joue un rôle important dans ce processus par les différentes stimulations et occasions qu’il donne à l’enfant de rencontrer sa langue maternelle.

L’enfant ne peut, en effet, acquérir correctement sa langue maternelle que dans le cadre d’un vécu socialisé : le désir et le plaisir de communiquer, la richesse des interactions, une imprégnation naturelle et continue permettent la maîtrise progressive de l’outil linguistique.

L’apprentissage de l’enfant dépend donc de son milieu de vie. Par la fréquence et la qualité des stimulations linguistiques, les comptines contribuent à cet apprentissage et s’avèrent être un outil important.

Que favorisent les comptines ?

  • Le développement des aptitudes auditives
  • Le développement de la conscience de la rime
  • Le développement de la capacité d’articulation et de la modulation de la voix
  • Le développement de la capacité à réciter
  • Le développement de la diction, du muscle de la bouche et de la langue
  • Le développement de la compréhension
  • L’imprégnation dans une langue étrangère

Le chant développe chez le jeune enfant une sécurité communicative, une aisance pour engager des actes de parole et les mener à bien grâce à un vocabulaire riche et actif et aussi grâce à une compétence accrue des usages sociaux du langage.

Une préparation à la lecture

Chanter des comptines prépare aussi à appréhender des histoires plus complexes comme les histoires du soir.
La construction des comptines ressemble fortement à celle des histoires :

  • Un début
  • Un milieu
  • Une fin

C’est une première approche du séquençage. Ils deviendront de meilleurs lecteurs. Les enfants acquerront une meilleure capacité à mémoriser les sons. La comptine est donc importante dans l’apprentissage du langage, qu’il soit oral ou écrit, par les expérimentations sonores précoces qu’elle fait vivre à l’enfant. Elle place également l’enfant au sein d’une structure rythmique possédant un début et une fin comme dans la narration.

La comptine et le nombre

Dans toutes les comptines, il y a un système de « comptage » même si celui-ci n’apparaît pas toujours de manière très claire. Par le rythme et la pulsation, l’enfant compte.

Les comptines numériques mettent plus en avant ce phénomène de comptage, car elles emploient clairement des chiffres dans leur support. Elles vont pour la plupart jusque 12.

Dans toutes les comptines, quelles soient numériques ou pas, on compte les syllabes en comptant le rythme. Au fil des répétitions, les comptines numériques produisent un automatisme : celui de réciter la litanie des nombres. Ce n’est pas pour autant que l’enfant possède la notion des nombres, mais il n’empêche que sa mémoire enregistre leur succession naturelle. L’enfant retient ainsi les nombres cardinaux à la base du comptage, leur sonorité exerce un attrait sur lui.

Le goût de l’enfant pour les comptines témoigne lui aussi de cette sympathie pour les nombres. Les comptines numériques se révèlent ainsi être une bonne manière d’apprentissage des premiers concepts mathématiques.

 

La comptine et le temps

L’enfant va expérimenter la notion de durée. Les rythmes des comptines peuvent varier, l’enfant prend conscience de la durée de la comptine. Il peut ainsi anticiper les actions et estimer la fin de la comptine.

L’enfant va aussi découvrir le rythme.

Dès sa naissance l’enfant découvre le rythme :

  • Le « macro rythme » : Alternance veille–sommeil, rythme d’alimentation…
  • Le « micro rythme » : Habituation de l’enfant à la surprise, la recherche, la curiosité.

Pour développer la notion du temps il faut intégrer cette notion de rythme.

L’expression corporelle accompagnant les comptines va aider l’enfant à mieux intégrer cette notion de temps.

L’enfant va aussi pouvoir expérimenter cette structuration du temps :

  • La pulsation est clairement ressentie et fixe pendant un laps de temps assez long
  • Le rythme va découper ce temps ressenti en plus petites cases répétitives et donc prévisibles, donnant au mouvement du corps la facilité de devenir en partie automatique (= répétition)
  • L’état de vigilance est maintenu par des arrêts, des changements de rythme bien marqués et bien contrôlés (= surprise)

L’enfant acquiert ainsi une perception de repères temporels par la répétition-surprise. Ce sont notamment grâce à ces repères que l’enfant va pouvoir se réjouir et partager ses affects.

L’enfant découvre les limites corporelles.

Les enfants modulent leur corps selon la rythmique. Ces manifestations corporelles sont un passage nécessaire à l’intégration intuitive du temps.

La mise en scène de la comptine. La comptine est organisée selon une temporalité. Cette mise en scène accroît l’excitation et le partage entre l’éducateur et le bébé ou entre les personnages dans la comptine.

L’enfant expérimente le temps social.

La communication est tournée vers le repérage de temps. À l’aide du rythme et des variations rythmiques, parties intégrantes des comptines, l’enfant acquiert une perception de durée, une perception de temps. Ce repérage est très important dans l’organisation de la causalité des évènements et donc dans l’organisation de la pensée.

Nous ne possédons qu’une intuition du temps, les comptines aident à l’apprentissage de cette intuition de durée sociale.

Par la comptine, l’enfant découvre les dimensions du temps

  • La durée : il anticipe les actions et la fin de la comptine
  • Le rythme : la pulsation et l’état de vigilance
  • Les limites corporelles : l’enfant module son corps en fonction du rythme
  • La mise en scène
  • La communication et la découverte de la causalité des évènements, l’organisation de la pensée

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Les comptines et l’espace

L’enfant apprend également la notion d’« espace », par l’appropriation et la meilleure connaissance de son corps et ce, grâce notamment à la définition des limites corporelles. L’enfant, en réponse à la musique, va bouger pour occuper de plus en plus l’espace : ce sont ses déplacements qui vont permettre à l’enfant de progressivement le découvrir, d’évoluer dans sa relation avec celui-ci et d’en avoir une appréciation plus objective. Le seul fait de ne plus être statique implique une prise de conscience de l’espace, une sorte d’exploration qui amène l’enfant à organiser cet espace en fonction du corps qui le perçoit par tous ses muscles et doit se situer au centre d’un volume dans lequel il va déployer un mouvement.

La comptine est, comme le jeu, un espace projectif où il peut jouer différents rôles. Il s’agit d’un espace imaginaire. La comptine, par ses mouvements et ses déplacements, va donner à l’enfant une prise de conscience spatio-temporelle liée à la qualité de la réception auditive (temps) et visuelle (espace) et aux liaisons établies entre les deux. Cette conscience spatio-temporelle est essentielle au bon développement de l’enfant et à ses différents apprentissages.

La perception de son corps

L’enfant développe ainsi peu à peu une meilleure perception de son corps et une « possession » de celui-ci par rapport à son schéma corporel.

L’appropriation progressive du corps et du schéma corporel (haut–bas, gauche–droite, devant–derrière) occupe une place importante dans la capacité exploratoire de l’enfant, essentielle dans sa constitution du soi.

Les comptines réalisent l’équilibre du sensoriel et du mental ; elles constituent une des meilleures pistes d’entraînement de l’appareil sensorimoteur. La réponse du corps est l’un des premiers signes d’écoute musicale et rythmique que l’enfant nous donne.

À travers la psychomotricité, l’expression corporelle et la danse, l’enfant apprend à se connaître lui-même, à gouverner ses membres, coordonner ses gestes et la pulsation musicale l’y aide. L’enfant acquiert peu à peu son schéma corporel.

La comptine fait intervenir l’enfant tout entier par son corps, elle implique un contact corporel ne serait-ce que minime, comme avec le doigt, la main, sur les genoux… Dans la comptine nous trouvons l’association rythme/gestes/sons. Ne pas accompagner les comptines de gestes ou de balancements corporels serait donc les priver de toute leur signification vivante.

La comptine fait vivre l’enfant par le corps et les apprentissages auxquels elle fait référence, qu’ils soient cognitif, psychomoteur ou social, passent par celui-ci. Il est donc primordial de ne pas oublier son rôle dans la construction de l’enfant en tant que personne.

La comptine amène l’enfant à une meilleure connaissance de lui et notamment de :

  • La latéralité : la différence d’habileté entre la main droite et la main gauche
  • Le schéma corporel : la mise en mouvement du corps
  • Le sensorimoteur : l’enfant va élargir son répertoire gestuel

Comptines et comportements sociaux

Chanter ensemble c’est ne faire qu’une voix, c’est un moment important de la vie en groupe, c’est un moment passé ensemble qui s’inscrira dans la mémoire collective du groupe. Derrière les comptines, il y a tout ce jeu d’acceptation et de rejet entre enfants.

Chez les plus petits (enfants de moins de sept ans), la manière de s’exprimer est plus une décharge affective. Les comptines les aident ainsi à s’exprimer et à partager leurs diverses émotions. En effet, les enfants investissent une part considérable de sensibilité dans tout ce qui touche à la musique, au dessin ou aux gestes, donc dans tout mode d’expression. Leur affectivité est donc fortement impliquée dans une activité corporelle et la rythmique peut les aider à maîtriser leur émotivité et même leur anxiété.

La comptine est rythmée par le chant qui augmente l’excitation chez les enfants, elle leur permet de se comparer aux autres et d’accroître leur intégration dans un groupe de pairs favorisant ainsi la socialisation.

Les comptines initient également l’enfant à l’imitation. Nous savons que celle-ci tient une place importante dans le développement social de l’enfant, non seulement en tant que base prédominante de la communication, mais aussi dans tout ce qui est reproduction de conduite, rôle, interactions.

Les comptines auront un réel effet sur les comportements sociaux de l’enfant

  • Chanter ensemble crée une mémoire du groupe et l’acceptation ou le rejet entre enfants
  • La décharge émotionnelle du chant va lui permettre d’exprimer ses émotions et de les gérer
  • La socialisation va lui permettre d’apprendre à s’intégrer dans un groupe
  • L’imitation de l’équipe pédagogique et de ses pairs va lui créer des bases de communication et l’initier à différentes formes d’interactions

Des comptines adaptées à chaque âge

De 0 à 12 mois il est conseillé de commencer par capter son attention et développer sa curiosité avec des comptines comme “Pomme de reinette et pomme d’api” ou encore “Brille, brille petite étoile”.

De 1 à 3 ans, on pourra l’initier aux schémas corporels ou alors à intégrer des animaux. Par exemple “Trois petits minous ont perdu leurs mitaines” ou encore “Tête, épaules, genoux et pieds”.