17 juin 2021

Les nouveaux pères

À partir du 1er juillet 2021, la durée du congé paternité, en France, passe de onze à vingt-cinq jours. Avec les trois jours de congé de naissance, cela permet donc aux nouveaux pères de prendre jusqu’à un mois de congé paternité. Cette nouvelle loi tend à « permettre un meilleur développement des enfants » et « instaurer plus d’égalité entre les femmes et les hommes ».

Ce nouveau congé paternité doit répondre à d’autres enjeux : meilleure répartition des tâches familiales, plus forte implication des pères dans l’éducation des enfants, égalité professionnelle entre les hommes et les femmes (la maternité étant souvent identifiée par les mères comme un frein à leur carrière). Cette évolution essentielle pour la société et l’éducation des enfants s’inscrit dans cette tendance générale de revalorisation du rôle du père et d’attentes nouvelles de la paternité : plus présent, plus attentionné, plus dans le partage des émotions, moins dans l’autorité.

Être papa pendant la grossesse

Durant la grossesse, le futur papa va jouer un rôle fondamental aux côtés de la future mère. Tout d’abord, la future mère a besoin de soutien psychologique pendant cette période de grand bouleversement physique et surtout émotionnel. La présence émotionnelle, énergétique et affective est ainsi essentielle pour la future mère, afin de l’aider à faire face au stress, aux angoisses, aux pics hormonaux, etc. De plus, la femme peut faire face à plusieurs maux (nausées, vomissements, troubles du sommeil, etc.), qui peuvent lui compliquer son quotidien. Il ne faut donc pas atteindre la naissance pour être papa !

Pendant le second trimestre, la grossesse est bien lancée et une véritable sérénité s’installe dans le couple. La mère peut ainsi percevoir les premiers mouvements du bébé. Le futur papa se doit de participer aux échographies afin de réaliser de manière plus concrète que son enfant va bientôt naître. Les parents vont ainsi parler du sexe du bébé, de son prénom et l’organisation pour son arrivée à la maison. Le père peut également participer aux nombreuses préparations à l’accouchement, pour notamment comprendre l’attitude à adopter avec la mère pendant l’accouchement (respiration, massage, etc.)

Lors du troisième trimestre, la mère peut à nouveau ressentir la peur notamment par rapport  à l’accouchement. Le père devient donc à nouveau un support émotionnel important. La mère aura également de plus en plus de mal à réaliser certaines tâches comme porter des charges lourdes, monter des escaliers, etc. Le père peut ainsi l’accompagner dans ces tâches.

Enfin, le bébé n’est pas encore né mais le papa peut déjà lui transmettre beaucoup d’amour !

Le papa pendant l’accouchement

Si participer à l’accouchement semble être une évidence pour tous, cela doit être tout de même discuté en amont avec la mère. En effet, si le futur père ne sent pas le fait d’assister à l’accouchement, il faut en parler avant pour définir le projet du jour J.

Si le père assiste à l’accouchement, il peut avoir plusieurs rôles : saisir l’enfant dès l’accouchement et le poser sur le ventre de la mère, couper le cordon, pratique le “peau-à-peau” (tenir son bébé contre sa peau nue)

Le retour à la maison

Pour le retour à la maison de la mère et du bébé qui sont restés quelques jours à la maternité, les nouveaux pères doivent s’assurer que la maison est en ordre, que la chambre du bébé est bien installée, que le réfrigérateur est plein, etc. Ils y auront également un certain nombre de tâches administratives à suivre telles que la déclaration de naissance, etc. Les nouveaux pères vont ainsi découvrir des premières nuits difficiles (le nouveau-né ne fait pas la différence entre le jour et la nuit), les méthodes de portage, etc. Enfin, si la mère allaite, le père peut s’impliquer : apporter le coussin d’allaitement, amener le bébé puis aller le recoucher, donner un verre d’eau à la mère, etc. S’impliquer dans l’allaitement c’est aussi s’assurer que la mère a une alimentation équilibrée et saine : le père peut donc prendre le temps de préparer de bons petits plats. 

Les premiers moments de vie

Les 100 premiers jours sont un premier cap à atteindre dû au manque de rythme, aux ajustements de vie à trouver, etc. Le père a un rôle essentiel pendant cette période. Faire preuve de bienveillance envers soi-même et toute la famille est donc fondamental car les émotions seront particulièrement fortes. De nouvelles missions pour les nouveaux pères vont ainsi se présenter à eux : couches, bains, mouchage, habillage, etc.

Il est important que le papa vive des moments privilégiés avec son enfant : balades, jeux, câlins, sorties, etc. C’est ainsi que le père peut mettre en place un certain nombre de soins pour son bébé : portage, massage, bains, etc.

Le papa parfait n’existe pas

Le guide du papa parfait n’existe pas. L’important reste d’être instinctif, d’écouter les besoins de son bébé, de porter une attention forte à son couple et surtout d’aimer le mieux possible. Ce bébé est un projet de couple, se préparer en amont peut donc être un prérequis important pour le père. Ce bouleversement de vie le concerne également, le rythme de vie va complètement changer et ce bébé aura besoin d’une très grande attention. Ce congé paternité prolongé est ainsi un moyen de se préparer psychologiquement à cette transformation. C’est aussi un moyen de poser des limites avec son travail, pour s’accorder un équilibre de vie professionnelle et personnelle, essentiel au bon fonctionnement de la famille. Le bébé aura tout autant besoin de l’attention de son père que de sa mère !